Née le 26 juin 1990 à Séoul, Kim Hyemi de son vrai nom est à la fois reconnue pour sa maîtrise de la guitare électrique, mais aussi comme l’étoile montante de la scène rock coréenne. Une chanteuse et auteure-compositrice que les médias internationaux qualifient de « Korean queen of guitar ».
Un parcours atypique
Dès sa jeunesse, MEMI (매미) est fascinée par le rock alternatif, le pop-punk, le metal et l’emo des années 90 et 2000. À 16 ans, elle dessine un manche de guitare sur sa trousse d’école afin de s’imaginer apprendre les accords et les gammes, faute de posséder un réel instrument à la maison. Un vœu qui sera exaucé par un oncle guitariste qui deviendra son modèle en lui enseignant l’art du riff. Ce même oncle lui offrira également sa première guitare, une Fender, qui deviendra l’objet-totem de ses débuts.
Forte de cette passion, MEMI étudie ensuite la musique à l’université, à la recherche d’un équilibre entre technique et liberté créative. Si la rigueur académique nourrit sa maîtrise de l’instrument, elle retient surtout, avec le temps, que « l’identité artistique, le feeling et l’inspiration priment sur la technicité pure ». Cette philosophie irrigue tous ses projets – qu’elle soit frontwoman de Seoulmoon ou guitariste principale du groupe 24Hours.
De Seoulmoon à 24Hours : les rôles et talents de MEMI
Dès 2011, MEMI se distingue dans la formation mixte 24Hours où elle tient la guitare et intervient au chant. Puis dans le trio féminin Seoulmoon dont elle est la voix principale entre 2016 et 2021. Dans chacune de ces expériences, elle impose son style. Jeu de guitare expressif, énergie brute sur scène, chant à la fois rauque et sensible. L’artiste assume ses différentes casquettes avec une aisance remarquable. Qu’elle soit en lead (Seoulmoon), en soutien (24Hours), ou en pilote solo de ses propres compositions.
Cette polyvalence la fait remarquer non seulement du public coréen, mais aussi d’autres musiciens de renom sur la scène internationale. Comme Fred Durst de Limp Bizkit, Phoenix ou la chanteuse beabadoobee, qui saluent son jeu et son originalité. Par ailleurs, son sens du show se manifeste sur scène. Notamment lors de concerts majeurs en Corée comme Incheon Pentaport Festival et CJ Azit Seoul. Et aussi durant ses premières incursions sur des scènes internationales. SXSW à Austin, Festival Big Sound, Clockenflap à Hong Kong, pour ne citer qu’eux.
Identité artistique : une énergie rock singulière
MEMI cultive une esthétique profondément attachée aux racines du rock, tout en intégrant l’éclectisme contemporain. Elle est marquée par la vague alternative des années 2000. Tout comme par l’énergie d’artistes comme Smashing Pumpkins ou Korn. MEMI est également influencée par la pop-punk californienne. Sk8er Boi d’Avril Lavigne fut ainsi sa première chanson apprise à la guitare. Aussi MEMI revendique une scène indie revisitée et inclusive. L’artiste s’habille comme une « emo kid » affichée, et croit dans le retour cyclique de la sleaze culture dans les milieux pop et indie coréens. Sa philosophie musicale met en avant la recherche du bon feeling, préférant l’improvisation et la spontanéité à la virtuosité froide. Elle privilégie les chansons qui racontent une histoire et saisissent une émotion brute plutôt que la perfection technique.
MEMI se distingue surtout par son attachement à la guitare électrique. Un instrument narratif, capable d’exprimer la colère, la nostalgie ou la joie. Elle multiplie ainsi les covers originaux. Notamment pour sa chaîne YouTube et ses réseaux sociaux où elle réinterprète des classiques rock de manière singulière.
Premiers pas solo : Hate U (2022) et l’éclosion d’une voix
La carrière solo de MEMI s’amorce en mai 2022 avec le single Hate U. Cette chanson, portée par un riff incisif et des paroles oscillant entre rancune et sensibilité, témoigne d’emblée d’une volonté d’en finir avec l’indifférence amoureuse typique des ballades de K-pop. Hate U pose une esthétique directe, inspirée du grunge et du pop-punk californien, avec des textes lucides sur la rupture et la réappropriation de soi. Cette approche attire un nouveau public, séduit par ce mélange d’agressivité contenue et de vulnérabilité.
Premier EP : M3MI (2023), révélateur de talents
C’est en décembre 2023 que MEMI franchit un cap artistique avec l’EP M3MI. Les titres, allant du metal (Guitar Pick) au garage rock (NY(f)C) en passant par la pop-grunge (Waikiki), offrent un panorama complet de ses inspirations et de sa palette musicale. L’excellent Guitar Pick, avec son efficacité rageuse, devient un incontournable dans sa setlist. MEMI dit vouloir, à travers cet EP, montrer toutes les facettes du rock dont elle se sent dépositaire. Il s’agit d’une véritable carte de visite, où la variété des styles reflète la liberté qu’elle se donne en solo, libérée des codes de ses collaborations précédentes. Le projet reçoit un accueil positif et propulse MEMI sur la scène internationale. Notamment une première tournée solo, l’ouvertures de festivals, et une forte audience sur Instagram et TikTok.
Paranoia//Nostalgia (2025) : Confirmation et exploration
Le second EP, Paranoia//Nostalgia, sorti en 2025, marque un tournant plus conceptuel. MEMI y revisite ses racines, mêlant des sons électriques bruts (Get da Faka) à une écriture introspective teintée de mélancolie (Miracle et LOVE SONG). L’artiste ose aborder des thèmes d’ambivalence : nostalgie de l’enfance, tensions internes, désir de rupture et mémoire sensorielle (imissyourbody). L’album présente, suivant le titre, une dualité constante : la paranoïa comme moteur de rébellion et la nostalgie comme ancrage dans le passé musical. MEMI y fait dialoguer le nu-métal viscéral et le garage rock, affirmant par là sa capacité à varier les registres sans jamais perdre son identité propre. Les influences, cette fois, vont de Korn à Arctic Monkeys, en passant par les codes du post-punk.
Singles remarqués
Entre ces réalisations, MEMI publie plusieurs singles isolés. Comme Thin Lips Club et Sorry for my late reply. Ou encore le très remarqué I’m Broken en 2024, avec une mélodie groovy et entêtante qui consolide son statut d’artiste montante sur la scène rock coréenne. L’efficacité de ses nouvelles compositions, souvent courtes et immédiates, s’appuie sur un savant entrelacement entre texte brut, confession intime et énergie communicative.
Thèmes et textes : influences littéraires et engagement personnel
Les compositions de MEMI débordent d’influences variées, mais révèlent une fascination constante pour l’introspection et la remise en question. La nostalgie, la révolte, l’ironie sur soi, le doute amoureux et la quête d’identité parcourent ses chansons, écrites pour la plupart en anglais. Une langue qui lui permet, selon elle, de prendre de la distance et d’oser l’autodérision. Ses textes, souvent très visuels, évoquent des scènes de la vie quotidienne, mais aussi la difficulté de communiquer dans un monde saturé de sons et d’images. MEMI n’hésite pas, par touches subtiles, à évoquer la solitude, la peur de l’échec, mais aussi la joie de rassembler une communauté aussi bien sur scène qu’en ligne.
Conclusion
La scène indépendante coréenne m’a offert, une fois de plus, un coup de cœur en la personne de MEMI. J’adore son énergie rock, sa sensibilité et son authenticité. Chaque étape de sa discographie – de la rage adolescente de Hate U à la maturité complexe de Paranoia//Nostalgia – offre une plongée dans l’intimité d’une artiste qui n’a pas peur d’explorer la faille, la fêlure, le cri comme la douceur. La discographie de MEMI est un voyage sensoriel où la guitare devient le fil conducteur d’émotions pures, entre énergie féroce et fragilité dévoilée.
Découvrez la discographie de memi
Image : Portrait de MEMI.
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