Dès sa création en 2017 à Séoul, The Rose s’est distingué sur la scène musicale coréenne par son identité singulière et la sincérité de ses compositions. Le choix du nom « The Rose » n’est pas anodin. Il symbolise la dualité d’une rose, à la fois délicate et porteuse d’épines. Selon Woosung, leader du groupe, il s’agit d’« une musique qui coexiste avec la beauté des fleurs et la pointe acérée des épines ». Cela signifie que leur art allie douceur mélodique et puissance émotionnelle.
La genèse du groupe commence par la rencontre de Dojoon et Jaehyeong lors de performances de rue (busking) à Hongdae, berceau de la scène indépendante. Ce noyau s’agrandit avec l’arrivée de Hajoon, puis de Woosung, pour former un quatuor. Un groupe uni non seulement par l’amitié mais aussi par une passion commune pour l’écriture et la composition. En effet, tous les membres contribuent depuis le début à la construction d’une esthétique authentique.
D’un management abusif à l’indépendance
Derrière l’ascension rapide de The Rose se cache une première expérience marquante au sein de J&Star Company, une petite agence de K-pop. Dès leurs débuts officiels en 2017, les membres du groupe se confrontent aux dérives du système. Plannings épuisants, manque de visibilité sur leurs propres finances, absence de rémunération malgré leur notoriété grandissante. Les tournées s’enchaînent à un rythme effréné. Les décisions importantes sont souvent prises sans concertation avec les artistes. Aussi la confiance entre l’agence et le groupe se détériore rapidement.
L’affaire culmine lorsqu’ils révèlent n’avoir reçu que deux relevés de compte en quatre ans, dont un avec un solde négatif. Ils réclament donc la rupture du contrat pour défaut de paiement, rupture de confiance et violation du contrat d’exclusivité. L’affaire est allée jusqu’à une procédure judiciaire entre le groupe et l’agence. Une rupture très médiatisée en 2020. Aussi cette épreuve difficile devient un tournant décisif. En 2022, The Rose choisit alors de fonder son propre label, Windfall. Le groupe s’appuie sur cette expérience pour défendre une démarche authentique, humaine et transparente. Ce passage de l’ombre d’un management abusif à la pleine autonomie artistique devient le socle de leur identité.
Woosung : Leader à la voix solaire
Kim Woosung, surnommé « Sammy », s’impose naturellement comme leader et lead vocalist de The Rose. Né en 1993 à Wonju en Corée du Sud, il a grandi à Los Angeles avant de revenir en Corée vers l’âge de 18 ans pour passer des auditions. Il conjugue ainsi une double culture coréenne-américaine, ce qui enrichit la palette expressive du groupe. Son histoire personnelle, marquée par une blessure sportive, le pousse à délaisser le football pour la musique.
Woosung intègre The Rose en dernier, apportant un souffle nouveau et une maturité dans la gestion artistique. Outre sa superbe voix à la fois suave et puissante, il épouse le rôle de guitariste électrique avec brio. Sa fleur-totem, la rose blanche, symbolise la pureté. Qualité que l’on retrouve dans ses textes introspectifs et sa façon de manier les nuances sonores. Son parcours inclut une participation à l’émission « Kpop Star » en 2011 et une brillante carrière solo entamée en 2019, où il explore l’identité propre de l’artiste et la variété des influences musicales internationales.
Dojoon : L’âme sensible et mélodique
Dojoon, né Park Dojoon en 1993 à Busan, est le principal vocaliste, claviériste et guitariste acoustique du groupe. Son histoire est celle d’un artiste cosmopolite, ayant vécu cinq ans en Nouvelle-Zélande, ce qui se ressent dans son goût pour les sonorités folk et pop internationales. Passionné par Jason Mraz, Dojoon insuffle à The Rose une sincérité mélodique et une capacité à transmettre des émotions. Avant de rejoindre The Rose, il fonde avec Hajoon et Jaehyeong le groupe indie « Windfall ». La rose rouge, symbole de passion, illustre bien sa façon d’habiter la scène. Toujours à l’écoute des nuances et de la subtilité dans l’interprétation. Son sens de l’organisation et sa maîtrise du clavier donnent à The Rose une assise instrumentale solide. Tandis que ses collaborations artistiques révèlent son attachement à l’ouverture et au dialogue musical.
Hajoon : Le battement du cœur rythmique
Lee Hajoon, né en 1994 à Gwangju, occupe les rôles de batteur, rappeur et sub-vocaliste. Très jeune, il développe un goût prononcé pour le rythme, devenant même drum major à l’université. Il est connu pour son sourire chaleureux, sa capacité à imiter et divertir. Mais, avant tout, pour la sensibilité organique qu’il insuffle à l’ensemble du groupe. Sa fleur emblème, la rose bleue (miracle), traduit sa vision optimiste et sa capacité à transcender l’ordinaire par la force de son jeu. Hajoon aime les manga, collectionne les figurines, et partage régulièrement ses plaisanteries avec le groupe lors de lives et d’interviews. Son jeu de batterie donne à The Rose une base rythmique précise et nuancée. Une base essentielle dans l’évolution des sonorités du groupe du pop rock indie vers des horizons plus audacieux.
Taegyeom : Le souffle romantique et visuel
Taegyeom, né Lee Jaehyeong en 1994 à Pohang, est le bassiste, sub-vocaliste et visuel du groupe. Il représente à la fois la douceur et la force tranquille de The Rose. Fan de Coldplay, son approche musicale combine romantisme et profondeur émotionnelle. Sa rose préférée, la rose de couleur rose, évoque le bonheur et la capacité à exprimer l’amour dans toutes ses nuances. Taegyeom est souvent décrit comme le « papa poule » du groupe pour sa gentillesse et son attention aux autres. Son jeu de basse accompagne subtilement les thèmes introspectifs ou lyriques, tout en apportant une texture riche, vectrice d’émotions. Son parcours avec Hajoon et Dojoon dans Windfall, puis dans The Rose, illustre un cheminement artistique cohérent où l’harmonie collective et l’individualité créative se mêlent.
Une identité artistique authentique
L’ADN artistique de The Rose se distingue nettement de la plupart des groupes coréens. Refusant les standards imposés par l’industrie de la K-pop, The Rose privilégie une démarche d’auteur, où chaque membre est compositeur, arrangeur et interprète à part entière. Leur choix d’adopter un style pop rock se remarque tant dans la structure des morceaux que dans le mélange subtil de genres. La synth-pop, le rock, le punk et la ballade coexistent dans leur discographie récente.
L’identité du groupe s’affirme dans la sincérité de ses textes, l’authenticité scénique et la volonté d’aborder des thèmes universels. Comme l’amour, l’absence, la résilience ou la recherche d’un équilibre intérieur. Pour The Rose, chaque chanson est conçue comme une invitation au partage émotionnel. Les auditeurs sont conviés à se réapproprier les émotions et à les inscrire dans leur propre vécu. L’esthétique visuelle, marquée par des couleurs pastel, des symboles floraux et une atmosphère cinématographique, complète cette identité en cultivant un univers poétique.
Sorry (2017) : Les débuts bouleversants
The Rose fait ses premiers pas officiels dans l’industrie musicale le 3 août 2017 avec le single Sorry. Ce morceau, au riff intense et aux paroles empreintes de regret, conquiert à la fois le public coréen et international. La sincérité de la performance et l’émotion brute qui s’en dégage installent le groupe d’emblée comme une voix singulière de la scène pop-rock, recevant la reconnaissance de Billboard pour l’originalité et la puissance de leur première sortie.
Like We Used To (2017) : Un souffle de nostalgie
Quelques mois plus tard, The Rose dévoile Like We Used To, une ballade portée par la nostalgie des amours passés et des souvenirs qui persistent. Ce single explore subtilement l’émotion et conforte le style mélodique doux-amer qui deviendra une signature du groupe. La sensibilité des arrangements et l’intensité de l’interprétation consolident l’image de The Rose comme groupe d’auteurs-compositeurs authentiques.
Void (2018) : Le premier mini-album
Le 16 avril 2018, The Rose révèle Void, leur premier mini-album. Ce disque regroupe sept titres dont Baby, I.L.Y. et Candy (So Good). Chaque morceau est imprégné d’une exploration de la vulnérabilité. Les thèmes de l’amour, du doute et des angoisses de jeunesse se conjugent à un indie rock incarné et nuancé. Le public découvre alors un groupe capable de raconter, avec sensibilité et force, les tourments de l’existence.
Dawn (2018) : L’éclairage de l’intime
À l’automne 2018, The Rose propose Dawn, leur second mini-album. Ce projet met en avant le poignant She’s in the Rain. Ce titre, devenu emblématique, aborde avec délicatesse la solitude, la dépression et la résilience. Il assoit définitivement The Rose comme porte-voix d’une génération anxieuse en quête de réconfort. Les morceaux comme I Don’t Know You et Take Me Down illustrent un virage vers la ballade sombre et introspective. Elargissant ainsi la palette émotionnelle du groupe et rencontrant un vif succès lors des concerts en Corée et en Europe.
Red (2019) : Affirmation et maturité
En août 2019, The Rose publie Red, un single album dominé par le morceau éponyme et California. Ce disque reflète leur énergie renouvelée et leur volonté d’affirmer une couleur pop-rock lumineuse, tout en intégrant des influences internationales. La maturité artistique s’affirme et l’aura du groupe s’étend à l’étranger. Notamment grâce aux nombreux concerts européens.
En parallèle de leur discographie, The Rose participe également à des OST. Notamment avec Strangers pour la série « Hell Is Other People » fin 2019. Une expérience qui confirme leur capacité à traduire en musique les atmosphères les plus sombres et cinématographiques.
Black Rose (2020) : Résilience
Suite à leurs difficultés avec leur agence, le groupe sort le single Black Rose en 2020, dédié à leurs fans. Ce titre fait écho à la période de remise en question et de reconstruction du groupe, marquant une étape vers leur indépendance et une connexion sincère avec leur public.
Beauty and the Beast (2021) : Poésie retrouvée
En 2021, The Rose dévoile Beauty and the Beast, une ballade qui affirme leur talent de conteurs et leur sens aigu de la poésie musicale. Cette sortie illustre à la fois leur évolution artistique et leur nouvel élan créatif hors des contraintes de leur ancienne agence.
HEAL (2022) : Guérison et maturité
Le 7 octobre 2022 paraît HEAL, le premier album studio majeur de The Rose. Ce projet, très attendu, aborde les thèmes de la douleur, de la guérison et de la solidarité. Notamment à travers des titres comme Childhood, Definition of Ugly Is et Sour. À la fois touchant et puissant, l’album consolide la stature internationale du groupe et leur position en tant que voix générationnelle.
DUAL (2023) : Ombre et lumière
En 2023, The Rose livre DUAL, leur deuxième album studio. De Back to Me à Eclipse, en passant par Angel et Cosmo, le disque explore les dualités émotionnelles qui animent l’existence humaine : l’espoir et le doute, la lumière et l’obscurité. L’album connaît un fort succès critique et commercial, s’inscrivant dans une démarche résolument internationale, et se classe même au Billboard 200.
Lifeline (Reborn) 2024 : Renaissance émotionnelle
Sorti le 5 avril 2024, Lifeline (Reborn) marque un nouveau chapitre dans la discographie de The Rose. Réinterprétation intense du morceau original Lifeline de l’album DUAL, ce single revisite la thématique du salut, de la résilience et du renouveau. Notamment en mêlant des sonorités de rock alternatif à l’émotion brute qui caractérise le groupe. Porté par une voix puissante, des harmonies poétiques et une production soignée, la chanson incarne la capacité du groupe à se réinventer sans jamais perdre sa sincérité.
WRLD (2025) : Horizons inédits
En 2025, The Rose poursuit son chemin avec WRLD, un album marqué par des sonorités folk, country et psychédéliques. Des titres comme Breath, Nebula (vidéo ci-dessous) et O témoignent d’une quête artistique constante et d’une maturité spirituelle nouvelle. Cet opus marque une nouvelle étape dans l’exploration musicale du groupe, qui continue d’éblouir par sa créativité et sa sincérité.
Succès et reconnaissances
Depuis ses débuts, The Rose reçoit une reconnaissance remarquable, tant en Corée qu’à l’international. Leur premier single Sorry est reconnu par Billboard comme l’une des meilleures chansons de pop coréenne de l’année. Une distinction rare pour un groupe débutant issu de l’indie. Dès lors, ils s’imposent rapidement en tournée, attirant un public fidèle à travers l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, ainsi que l’Asie. Leurs concerts sont salués pour leur énergie et la complicité palpable entre les membres.
Après avoir surmonté les aléas du management abusif, leur album HEAL se hisse à la 4ème place du Billboard Heatseekers Chart. Il fait même une entrée dans le Billboard 200, marquant un tournant décisif dans leur carrière. La tournée « HEAL Together World Tour » (2022-2023) est un véritable succès et The Rose conquiert la scène internationale en participant à des festivals majeurs. Le 6 juillet 2023, The Rose devient le premier artiste sud-coréen à être invité au prestigieux Montreux Jazz Festival. Notamment sur la scène du Lab qui est dédiée à la découverte des nouvelles tendances et des futurs grands noms. Le 3 août de la même année, le groupe participe au festival de Lollapalooza, jouant sur la scène principale et offrant également un concert « aftershow » à Chicago le lendemain. Enfin, en 2024, le groupe se produit avec succès durant deux week-ends au festival de Coachella.
Conclusion
The Rose est qualifié par la presse spécialisée de « pionniers du groupe instrumental de la nouvelle vague coréenne ». Parce qu’ils ont rendu à nouveau populaire le format du vrai groupe de musiciens, auteurs-compositeurs, dans une industrie sud-coréenne longtemps dominée par le modèle « idol ». Explorer la discographie de The Rose, c’est plonger dans une aventure musicale profondément humaine faite d’émotions sincères, et de sons variés. Une esthétique unique où la beauté coexiste avec la douleur. Chacun des albums, singles et performances porte la trace d’une quête identitaire véhiculée par des artistes dévoués à l’authenticité.
Découvrez la discographie de The Rose
Image : Portrait de The Rose pour le magazine Rolling Stone UK.
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