C’est en voyant par hasard une courte vidéo de LISA sur Instagram que j’ai découvert la K-pop et son groupe BLACKPINK en 2021. Un groupe féminin qui est devenu le plus grand girl group du monde en quelques années seulement. À tort, certains en ont fait les rivales des rois incontestés du genre, le groupe masculin BTS. On peut dès lors parler de phénomène mondial tant elles cumulent les records et que leurs fans se comptent par millions. Avant la sortie de leur album BORN PINK, ces quatre artistes ont fait la couverture du magazine américain Rolling Stone. Ce dernier les a surnommées les Supernovas de la pop. Plus récemment en 2023, elles ont été les têtes d’affiche du prestigieux festival de Coachella où elles ont fait une performance mémorable.
Icônes de la mode
JENNIE, LISA, ROSÉ, et JISOO ont également su conquérir les réseaux sociaux. Avec des dizaines de millions d’abonnés chacune, 106 millions sur Instagram pour LISA, elles sont devenues des personnalités parmi les plus influentes au monde. Bien évidemment, cela n’a pas échappé aux plus grandes maisons de luxe, notamment françaises. Toutes les membres de BLACKPINK sont devenues des global ambassadors, ainsi que des icônes de mode qui enflamment les fashion weeks. Des ambassadrices qui font exploser les ventes des grandes marques, notamment en Asie.
Seule une minorité domine l’industrie
Qui dit K-pop dit Corée du Sud. Dans cette péninsule d’Asie de l’Est, la K-pop est plus qu’un genre musical. C’est une véritable institution culturelle qui déchaîne les passions et brasse des milliards. En 2024, on estimait qu’il y avait 233 groupes de K-pop actifs, selon la base de données DB K-pop. 98 groupes féminins et 135 groupes masculins. Sur un total de 378 groupes recensés, 11 groupes étaient en pause et 134 étaient inactifs. Mais sur l’ensemble, une trentaine de groupes dominent régulièrement les classements de réputation et d’influence, selon les analyses mensuelles du Korea Business Research Institute. Et moins de 10 seulement se détachent véritablement en termes de streams et de ventes, de records et de classements. Aussi parmi les 150 agences de K-pop actives, moins de 10 également dominent véritablement le marché, dont celles du fameux « Big 4 ».
La vague coréenne
De quoi ravir les fans de K-pop qui peuvent suivre aussi des artistes solos. Les K-pop stans sont également des grands consommateurs de séries dramatiques coréennes appelées K-dramas. Tout comme de films d’animation et de mangas japonais. Des fans qui sont par ailleurs très friands de merchandising (albums CD ou vinyles, photobooks, vêtements & accessoires, figurines, etc). Des passionnés qui n’hésitent pas non plus à se déplacer de très loin pour venir voir leurs artistes favoris. Que ce soit en concert, aux fashion weeks, ou encore à des évènements comme le Gala des Pièces Jaunes en France. Aussi cette culture populaire, bien que musicalement influencée par l’Occident, a su construire sa propre identité et traverser les frontières pour prendre sa place sur la scène internationale. C’est cette fameuse « vague coréenne » ou Hallyu dont parle les médias.
K-pop versus scène coréenne indépendante
Cela fait maintenant 4 ans que je suis actif sur le réseau social 𝕏, notamment au sein de la communauté de fans qu’on appelle Blinks. Jour après jour, j’ai pu suivre la carrière des membres de BLACKPINK, et j’ai même assisté à leur dernier comeback en 2022. Je suis aussi d’autres groupes talentueux comme (G)I-DLE ou encore aespa. Et bien que j’aime véritablement leur musique, c’est d’abord leurs parcours et leurs personnalités qui m’ont attiré. Parce que derrière ces « idoles » se cachent des hommes et des femmes ordinaires qui ont su se construire un destin extraordinaire. Des artistes qui forcent le respect tant ils évoluent dans un monde ultra exigeant, liberticide, et qui peut être vraiment hostile.
Parallèlement à ça, j’ai commencé à explorer la scène indépendante coréenne. Il s’agit d’un monde beaucoup plus discret, plus authentique, et qui ne manque pas de talents. Un monde très éclectique où la liberté artistique et la liberté d’expression priment avant tout. La plupart des artistes composent eux-mêmes leur musique et écrivent leurs textes. Sur la scène indépendante, il n’y a pas de fanwars ou d’incessantes compétitions, juste l’amour de la musique. Un monde plein de créativité qui ne court pas après les records et le profit contrairement à la K-pop. Mais ces artistes là, il faut vraiment aller les chercher tant l’industrie mainstream monopolise le paysage musical.
La K-pop : Un monde à part
Parce que cette industrie est vraiment un monde à part, un monde très codifié et très concurrentiel. Un univers qui peut être aussi fascinant que repoussant. La fan culture y tient une grande place et le « paraître » est au centre de tout. La K-pop est une industrie où les enjeux sont immenses et le public toujours roi. Les agences ne sont pas seulement des labels de production de musique. Elles sont aussi des « fabriques à idoles » qui gardent un contrôle total sur leurs recrues tout au long de leurs contrats. Les plus grandes agences de divertissement sont d’ailleurs cotées en bourse. Quant aux médias coréens, les chaînes YouTube ou de TV foisonnent d’émissions diverses qui mettent en scène des idoles, tandis que les sites d’informations et la presse people ne cessent de parler d’elles.
Mais pour bien comprendre cette culture, il faut toujours la replacer dans le contexte de son pays d’origine, la Corée du Sud. Une nation qui est en même temps à la pointe de la modernité et qui reste aussi très conservatrice. Un pays où la pression sociale sur la population est omniprésente. Où la réussite sociale et l’apparence physique sont une obsession.
Un documentaire à regarder et un roman à lire
Si vous souhaitez vous plonger dans le monde de la K-pop d’une autre manière, voici deux recommandations. La première est BLACKPINK : Light Up The Sky. Un documentaire en anglais sous-titré sur les coulisses du groupe et son succès météorique, sorti en 2020 sur Netflix. Et la seconde recommandation est le roman français Spectacle de Julien Dufresne-Lamy, sorti en 2024. L’auteur narre avec brio l’histoire de deux femmes, dont celle de LISA du groupe BLACKPINK, depuis son adolescence jusqu’à sa consécration en tant qu’idole. Parallèlement, il nous invite aussi à une réflexion sur nous-mêmes en tant que spectateurs. Un roman criant de vérité qui a poussé l’écrivain à s’immerger durant 4 ans en Corée du Sud, et qui est vraiment intéressant.
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